Frise chronologique
21 novembre 1593
Fondation de la paroisse
Fondation de la paroisse
21 novembre 1593 (≈ 1593)
Création par l’évêque de Toul.
1603
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1603 (≈ 1603)
Première édification dédiée à saint Sébastien.
1682
Édification de la tour sud
Édification de la tour sud
1682 (≈ 1682)
Seul vestige conservé dans l’église actuelle.
1719
Démolition partielle
Démolition partielle
1719 (≈ 1719)
Prélude à la reconstruction du XVIIIe siècle.
20 juillet 1720
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
20 juillet 1720 (≈ 1720)
Début du chantier de Jennesson.
1731
Achèvement et bénédiction
Achèvement et bénédiction
1731 (≈ 1731)
Fin des travaux sous Léopold.
1792
Désacralisation révolutionnaire
Désacralisation révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Destruction des armoiries ducales.
1801
Rétrocession au culte
Rétrocession au culte
1801 (≈ 1801)
Restauration du mobilier liturgique.
6 juillet 1921
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
6 juillet 1921 (≈ 1921)
Protection de l’édifice et de son mobilier.
1998
Restauration de la façade
Restauration de la façade
1998 (≈ 1998)
Travaux financés par la ville.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Sebastien : classement par arrêté du 6 juillet 1921
Personnages clés
| Charles III de Lorraine - Duc de Lorraine |
Fonda la Ville-Neuve et la paroisse. |
| Jean-Nicolas Jennesson - Architecte |
Conçut l’église actuelle au XVIIIe siècle. |
| Léopold Ier de Lorraine - Duc de Lorraine |
Commanditaire de la reconstruction. |
| Stanislas Leszczynski - Duc de Lorraine |
Désenclava l’église en 1751. |
| Joseph-Dieudonné Pierre - Sculpteur |
Auteur des bas-reliefs de la façade. |
| Jean Girardet - Peintre du roi Stanislas |
Enterré dans l’église en 1778. |
| Abbé Trouillet - Curé bienfaiteur |
Finança les statues de façade en 1882. |
| Eugène Vallin - Ébéniste-artiste |
Auteur des autels néo-baroques en 1904. |
Origine et histoire
L’église Saint-Sébastien trouve ses origines dans la création de la Ville-Neuve de Nancy à la fin du XVIe siècle sous le duc Charles III de Lorraine. En 1593, la paroisse est érigée avec saint Sébastien comme patron, mais la construction d’un sanctuaire est retardée par les guerres et le manque de fonds. Une chapelle primitive, dédiée à saint Sébastien pour conjurer les épidémies de peste, est finalement édifiée en 1603. Une première tour est ajoutée en 1682, mais l’église, mal entretenue, est partiellement démolie en 1719 pour laisser place à un nouvel édifice.
La reconstruction au XVIIIe siècle est confiée à l’architecte Jean-Nicolas Jennesson, qui conçoit une église-halle de plan rectangulaire, intégrant la tour existante et ajoutant une seconde pour symétrie. La première pierre est posée en 1720, et l’église, caractérisée par sa façade baroque ornée de bas-reliefs et de statues, est bénie en 1731 puis consacrée en 1732. Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine, contribue à son désenclavement en faisant raser l’ancien hôtel de ville adjacent en 1751, mettant en valeur sa place sur le marché.
L’intérieur, structuré en nef et bas-côtés de même hauteur, est éclairé par de larges baies et décoré de gypseries représentant le martyre de saint Sébastien. Le chœur, plus sombre, abrite des œuvres majeures comme le tombeau du peintre Jean Girardet (reconstruit en 1801) et un orgue Dalstein-Haerpfer de 1879, chef-d’œuvre de facture lorraine. L’église, désacralisée pendant la Révolution et transformée en asile puis en magasin, est rendue au culte en 1801 et enrichie au XIXe siècle de mobilier provenant d’autres édifices religieux suppressés.
Classée Monument Historique en 1921, l’église traverse une crise dans les années 1970 lorsque son quartier est rasé pour un centre commercial, nécessitant d’importants travaux de consolidation. Depuis 1998, elle est confiée à la communauté jésuite et intégrée à la paroisse Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. Sa façade, restaurée en 1998, et son orgue exceptionnel en font un lieu culturel et spirituel majeur de Nancy, ouvert aux visiteurs et aux fidèles.
Les cloches, au nombre de quatre, dont trois avec leur mouton en bois d’origine, proviennent de la fonderie allemande de Maria Laach. Leur système de sonnerie, électrifié mais conservant des éléments anciens, rythme la vie paroissiale. L’église abrite également des statues remarquables, comme celle de saint Joseph à l’Enfant Jésus d’Adam, sauvée de la destruction de la chapelle des Carmélites au XIXe siècle.